Discussion traduite de l'italien, septembre 2007

Un article de Abolition.

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Le texte ci-dessous est la traduction d'une partie des discussions qui ont eu lieu en septembre 2007 sur le forum ForumEtici, dans la section «Liberazione animale», fil de discussion Abolizione della carne.

Je la reporte ici en raison de différents thèmes qui me semblent importants, en particulier celle de la différence entre revendication et campagne (ou entre mouvement et campagne).

Sommaire

Agnese Pignataro, Mar 11/9 2007 0:27

Désolée... je ne suis pas du tout d'accord avec toi :)

Mais avant d'expliquer pourquoi, je tiens à faire la distinction entre le jugement porté sur les résultats (quand on en obtient) d'une part, et d'autre part le jugement sur les stratégies mises en œuvre pour les obtenir.

J'ai évoqué les commentaires que tu as faits au moment de la vague d'émotion suite à une victoire, en jugeant un résultat, et donc je suis responsable d'avoir confondu les deux plans.

Je m'excuse aussi de t'avoir fait cette demande, plutôt provocatrice:

Agnese Pignataro a écrit:

Peut-on en conclure que l'idée d'un pays "fur-free" te convient, mais pas celle d'un pays "meat-free"? Pourquoi?

Il est clair que les deux perspectives ne peuvent qu'être accueillies avec joie par toi, par moi, par tous/tes, sur le plan du jugement des résultats.

Par contre, pour ce qui concerne le jugement sur les stratégies, comme je te le disais, je ne suis pas d'accord avec ce que tu dis.

Alex81 a écrit:

La campagne AIP a pour objectif de «démonter» les engrenages de l'industrie de la fourrure, partant de l'objectif le plus facile (les grands magasins) pour ensuite passer aux stylistes, aux élevages, etc.

Personnellement, je pense que les méthodes de cette campagne ne «démontent» pas d'engrenages spécifiques de la production de la fourrure, mais agissent d'une manière générale au niveau de l'image du producteur, comme n'importe quelle autre campagne relative à n'importe quel autre secteur commercial: dans cette perspective, désolée de le dire, de telles campagnes s'insèrent pleinement dans les logiques du mécanisme du marché sans les mettre en discussion...

(attention, je tiens à répéter qu'il s'agit ici d'une analyse stratégique, mais non d'une critique, j'ai moi-même participé à un rassemblement de l'AIP contre la Rinascente [grand magasin italien] à Rome)

Mais les méthodes de ce type ne servent à rien contre les élevages d'animaux pour la fourrure. Les éleveurs n'ont aucune image à défendre. On peut adopter d'autres stratégies, les libérations, les dommages directs, mais ce sont des méthodes qui ne peuvent fonctionner qu'«ici et maintenant», dont les résultats sont tout à fait secondaires.

Citation:

Vu que je ne crois pas dans les institutions et dans les lois,

C'est là une phrase sur laquelle il faudrait faire beaucoup de précisions...

Tout d'abord, concernant l'utilisation du verbe «croire».

Et puis: tu parles des institutions et lois actuelles? Dans ce cas, je suis d'accord. Si au contraire tu affirmes que selon toi il ne devrait exister ni institutions ni lois, je ne suis pas d'accord. Je ne suis pas en accord avec le superhommisme d'un certain anarchisme dans lequel tu te reconnais probablement (vu aussi la phrase de ta signature): pour moi, la révolution est collective, la vie est collective. Mais ce thème sort du sujet de ce fil. Éventuellement, on peut en parler sur le forum de libération humaine ou dans le forum libre.

Citation:

je ne trouve que pas qu'il y ait beaucoup de sens à aller demander une loi pour «l'abolition de la fourrure», surtout parce que je la vois comme difficilement réalisable.

Si nous mesurons les choses avec le critère de la réalisation à court terme, je crains que nous n'aurons pas de grandes satisfactions dans notre vie... Moi je mesure les initiatives avec le critère de leur sens, de leur message. Pour moi l'initiative ne peut pas refléter entièrement ce que nous pensons (aujourd'hui ce serait impossaible, c'est clair), mais elle doit aller dans la direction de ce que je pense.

Par exemple: une initiative comme Chasse au chasseur ne va pas dans une direction antispéciste, et même si d'éventuels résultats positifs me feraient plaisir ce n'est pas une campagne dont je ferais la promotion,parce que son message est spéciste et va dans la mauvaise direction. Les initiatives antivivisectionnistes «scientifiques» sont à critiquer parce qu'elles diffusent un message spéciste: je serais contente de résultats positifs, s'il y en avait, mais je les jugerais comme des résultats partiels, contingents, fragiles, en un mot insignifiants dans la perspective du progrès de la question animale.

Une revendication d'abolition de la viande, au contraire, a un sens très fort, explosif. Je te prie de noter que j'utilise le terme de revendication, et non de loi: justement parce que pour moi son importance se trouve dans la révolution de signification qu'elle représente, non dans le résultat qui, si nous y arrivons, se réalisera difficilement dans le cours de notre vie. Comme j'ai déjà répété plusieurs fois, une telle revendication affirme que la vie des animaux d'élevage est éthiquement importante, à tel point que l'on demande que leur sort ne soit pas laissé à la bonne volonté des individus (= des végéta*iens) mais qu'on exige qu'elle soit protégée par les règles qui régissent notre vie commune, sociale.

Depuis tant d'années que je milite pour les animaux je n'ai jamais entendu proposer une chose semblable, ni dans les associations végéta*iennes, ni chez les individus vegans «purissimes»: tous se focalisent et restent focalisés sur leur niveau personnel, individuel, parlant de «délicat choix personnel», et, ce qui est plus grave, laissant la vie des animaux non humains dépendre des «choix de vie» des humains, affirmant implicitement que le libre arbitre humain est plus important que la vie des non-humains.

Le mouvement pour l'abolition de la viande, au contraire, transporte la question sur le plan collectif, en fait une question politique, à débattre, et finalement affirme, à ce sujet, cette égalité éthique que l'approche végane individualiste ignore soigneusement, exigeant qu'une telle égalité soit reconnue par la société et affirmée par ses lois.

Citation:

Mais si c'est là le chemin que vous voulez suivre, c'est-à-dire demander une loi qui abolisse une certaine pratique d'exploitation, je trouve que le discours qui soutient cette exigeance est plus valide s'il est énoncé de la manière que j'ai expliquée - c'est-à-dire en demandant l'abolition de la discrimination entre les humains et les non-humains en termes de droit à la vie et à la liberté, qui par conséquent porterait à l'abolition de TOUTES les pratiques d'exploitation animale! - que de la manière dont vous vous l'énoncez.

La revendication de l'abolition de la viande ne doit pas être interprétée comme un point d'arrivée, mais comme un point de départ. À travers cette revendication, on énonce pour la première fois clairement que la "supression de la discrimination entre humains et non-humains" pour ce qui concerne l'élevage et la production de la viande n'est pas du domaine de l'arbitraire des individus mais doit être établie collectivement, au même titre que les normes qui protègent les intérêts des humains. Une fois établi que la poursuite de la vie et l'absence de souffrance des non-humains n'est pas un domaine réservé aux jeunes filles sensibles mais concerne la discussion politique collective, et ceci non pour des raisons spécistes, liées à l'utilité que cela aurait pour les humains, mais pour des motifs inhérents aux intérêts mêmes des non-humains, alors on pourra élargir les revendications, ce que nous tous/tes souhaitons.

Citation:

C'était seulement une observation personnelle, ça ne veut pas dire que je ne serais pas heureux de vivre en un pays meat-free! Pour le moins, votre campagne est antispéciste, c'est-à-dire qu'elle ne demande pas l'abolition pour une seule espèce que les gens ne pourraient plus manger, mais l'abolition de tout type de chair animale. Pour cette raison je l'approuve :)

Comme j'ai essayé de l'expliquer, il s'agit d'une revendication antispéciste en un sens encore plus large!!!

Enfin, je ne sais pas si cela a déjà été précisé, mais il est important de le rendre clair: il s'agit d'une revendication promue par un mouvement pluriel, par des sujets différents qui se reconnaissent dans cette demande, comme dans le cas de la revendication contre la peine de mort, pour la paix, contre le racisme, contre l'esclavage, contre le capitalisme. Il ne s'agit pas d'une campagne. Personne ne possède le monopole sur l'idée d'abolition de la viande, tout comme personne ne possède le monopole sur l'idée d'antispécisme, ou des droits des animaux. Chacun la comprend et la formule comme il préfère.

Bon... j'espère que cette réponse très critique n'aura pas compromis ton approbation... :)

Agnese

Virgola, Mar 11/9 2007 10:59

Agnese Pignataro a écrit:

Enfin, je ne sais pas si cela a déjà été précisé, mais il est important de le rendre clair: il s'agit d'une revendication promue par un mouvement pluriel, par des sujets différents qui se reconnaissent dans cette demande, comme dans le cas de la revendication contre la peine de mort, pour la paix, contre le racisme, contre l'esclavage, contre le capitalisme. Il ne s'agit pas d'une campagne. Personne ne possède le monopole sur l'idée d'abolition de la viande, tout comme personne ne possède le monopole sur l'idée d'antispécisme, ou des droits des animaux. Chacun la comprend et la formule comme il préfère.

sincèrement, je pense qu'une bonne partie de votre incompréhension dérive justement du fait de ne pas avoir explicité la différence entre revendications et campagnes. Je pense qu'il est maintenant clair qu'il s'agit de modes d'action politique différents. Personnellement, je suis plus optimiste et «enthousiaste» qu'Agnese à propos des campagnes du style AIP, e en même temps plus optimiste et «enthousiaste» qu'Alex sur les revendications comme l'aboliton de la viande!

Quoi qu'il en soit, je pense que le fait de clarifier ces différences conceptuelles et stratégiques est fondamental, aussi parce qu'il me semble que - de premier abord - la revendication d'abolition de la viende tend à être comprise de travers justement parmi les milieux de l'animalisme radical. Alex peut témoigner du court débat qu'il y a eu à ce propos ce week-end sur la question: la première réaction a été celle de comprendre la revendication comme une «campagne» spécifique visant à obtenir une mesure législative spécifique. Une telle réaction est justifiée d'une part par l'ignorance des termes de la revendication (nous en parlons ici, mais une personne qui entend pour la première fois l'expression toute seule «abolition de la viande» peut être évidemment induite en erreur). D'autre part, certaines réactions peuvent dépendre de l'enthousiasme (qui en ce moment est particulièrement élevé!) pour la modalité d'action type «campagne», lequel porte à voir toutes nos possibilités d'action en termes de campagnes, justement.

Pour être précis (mais cela nous amène hors du sujet; on pourrait à l'occasion ouvrir un fil sur les campagnes, un fil bucolique, donc :D), je ne considère pas comme Agnese (si je ne l'ai pas mal comprise) que cette modalité soit à courte vue a priori. L'amplitude et la profondeur de ses effets, au delà des résultats «pratiques», dépendent d'autres facteurs: en ce sens, la campagne AIP peut aussi laisser à désirer, mais j'ai l'impression qu'elle prend un caractère de plus en plus «mûr» en ce sens. E c'est un travail à faire, peut-être, que de l'aborder avec esprit critique pour qu'elle acquière plus de force sur le plan conceptuel et programmatique.

Marco

David Olivier, Mar 11/9 2007 16:51

Bonjour Virgola,

J'ai l'impression que tu as bien cerné le problème, quand tu dis que beaucoup comprennent de travers l'idée d'abolition de la viande comme s'il s'agissait d'une campagne, et non du début d'un mouvement.

L'habitude de raisonner en termes de campagne est si diffuse qu'il arrive aussi à moi de dire par erreur «campagne» au lieu de «mouvement», à propos de l'abolition de la viande.

Je pense que tu as énoncé ce qui pour moi est un grand problème; je suis beaucoup plus négatif que toi relativement aux campagnes. Ou plutôt: relativement au fait qu'il semble que nous ne sachions plus raisonner autrement...

J'aime bien les campagnes bucoliques mais malheureusement l'origine du terme en ce cas se réfère plutôt aux campagnes militaires. Notre unique manière d'intervenir dans la société serait de lancer des campagnes pour obliger la société à se rendre à nos exigences?

Comment se fait-il que cette approche est devenue dominante au point d'interdire qu'on puisse penser d'une autre façon?

Le MOUVEMENT pour l'abolition de la viande ne vise pas à vaincre la société, mais à la changer.

Il me semble que ce problème - l'automatisme qui nous porte à raisonner seulement en termes de campagnes - est lié au problème dont parlait Agnese. Comment se fait-il que quelqu'un qui considère injustifiable ce qui est fait aux animaux, au lieu de chercher à changer la société, se réfugie en un purisme personnel toujours plus extrême? Pour sortir de sa tanière vegan seulement pour lancer des opérations militaires, appelées «campagnes»?

Comment se fait-il que nous nous retrouvions à devoir expliquer le sens de l'initiative pour un mouvement d'abolition de la viande? N'y a-t-il personne qui soit déjà aujourd'hui en faveur de l'abolition de la viande? Alors comment se fait-il donc qu'ils ne le disent pas, qu'ils ne le proclament pas déjà depuis des années, qu'il n'est pas déjà clair depuis des années qu'il existe un mouvement pour l'aboliton de la viande?

Si toi tu es pour l'abolition de la viande, si Alex l'est, si Agnese l'est, si moi je le suis, le mouvement existe déjà. Nous sommes tant à l'être. Ce qu'il faut faire est commencer à avoir le courage, et l'honnêteté, de le dire. Et peut-être aussi penser que la société n'est pas notre ennemie. Il n'y a pas eux d'un côté et nous de l'autre.

Dans les années 60 et 70, il y a eu un grand mouvement aux États-Unis pour la fin de la guerre du Vietnam. Il paraîtrait extrêmement étrange parler à ce propos de «campagne». Il n'y avait pas de chefs, ni de mot d'ordre unique. Il y avait un mouvement de société, pas une opération militaire. Maltré cela, le mouvement a gagné.

Désolé si je dis tout ça en désordre, mais théoriquement je suis au travail, et ils sont en train d'essayer de me faire travailler vraiment... :D

David

Virgola, Mar 11/9 2007 17:33

ciao David, malgré les différences d'accent (plus ou moins optimistes concernant les «campagnes») il me semble que nous sommes d'accord sur quelques points fondamentaux. En même temps j'essaye de donner quelques éléments moins «négatifs» sur cette question.

David Olivier a écrit:

L'habitude de raisonner en termes de campagne est si diffuse qu'il arrive aussi à moi de dire par erreur «campagne» au lieu de «mouvement», à propos de l'abolition de la viande.

cela est compréhensible, mais maintenant il est clair que cela peut aussi être source d'équivoques non négligeables, et est à éviter. Et la raison pour laquelle il faut l'éviter est que, quelle que soit l'opinion qu'on ait de ces deux modalité d'«action», elles ne sont pas incompatibles.

David Olivier a écrit:

Je pense que tu as énoncé ce qui pour moi est un grand problème; je suis beaucoup plus négatif que toi relativement aux campagnes. Ou plutôt: relativement au fait qu'il semble que nous ne sachions plus raisonner autrement...

les deux «versions» que tu as données sont très différentes, et tu fais bien de te corriger. Je ne suis pas négatif relativement aux campagnes, mais je le suis bel et bien relativement à l'idée qu'elles soient la seule approche possible!!! Cela nous mène à ce que tu dis ensuite:

David Olivier a écrit:

Notre unique manière d'intervenir dans la société serait de lancer des campagnes pour obliger la société à se rendre à nos exigences?

non, ça ne doit pas être notre seul mode d'intervention. Mais même si la société n'est pas un ennemi, certains de ses secteurs selon moi le sont. Il y a des secteurs avec lesquels on peut ouvrir facilement un dialogue, des secteurs avec lesquels c'est plus difficile, des secteurs avec lesquels c'est impossible aujourd'hui mais peut-être, qui sait, possible demain, et des secteurs avec lesquels vraisemblablement on ne le peut pas et on ne le pourra jamais (ce sont ces derniers, au fond, qui sont l'objet des campagnes).

David Olivier a écrit:

Le MOUVEMENT pour l'abolition de la viande ne vise pas à vaincre la société, mais à la changer.

c'est vrai, mais les campagnes elles aussi veulent changer la société, et non la vaincre. Elles le font avec la méthode consistant à couper les jambes à certaines structures du système d'exploitation des animaux, méthode qui ne va pas bien loin (et donc ne changera pas vraiment le monde) si elle n'est pas insérée dans un contexte plus large: un tel contexte dérive, par exemple, de l'existence d'un mouvement pour l'abolition de la viande aux côtés des campagnes contre les fourrures, et d'autres choses encore qui se passeront.

David Olivier a écrit:

Comment se fait-il que nous nous retrouvions à devoir expliquer le sens de l'initiative pour un mouvement d'abolition de la viande?

ici je reporte le sens de certaines choses dites à la rencontre de libération animale. Quelqu'un cite le mouvement d'abolition de la viande. Quelqu'un d'autre dit qu'en substance que ça ne change rien, parce qu'il n'est pas pensable de réussir à faire une loi dans ce sens en un temps raisonnable, que ce serait bien beau mais que ce n'est pas un objectif praticable. D'autres donnent plus d'informations sur le sens de la chose, faisant noter que ce n'est pas une «campagne» visant à faire pression pour un texte de loi, mais que c'est quelque chose de plus semblable à un mouvement d'opinion, à une revendication. Ce n'est pas qu'à ce moment les «détracteurs» disent qu'il s'agit d'une idiotie. C'est seulement qu'auparavant ils n'en savaient rien et que - tout naturellement - nous sommes tous un peu habitués à penser en termes de «campagnes», pour la simple raison qu'actuellement il ne se se passe pas grand chose d'autre.

Avec tout ça, qu'est-ce que j'en conclus? Que moi je vois bien qu'il y a un certain intérêt à d'autres formes de lutte et d'intervention. Au delà du mouvement pour l'abolition de la viande, je pense que les autres personnes présentes à la rencontre pourront confirmer qu'on n'y a pas raisonné seulement et exclusivement en termes de campagnes, malgré toute la difficulté qu'on a à sortir d'un tel schéma.

skrondo, Mar 11/9 2007 19:49

virgola a écrit:

on pourrait à l'occasion ouvrir un fil sur les campagnes, un fil bucolique, donc :D

(...)

En tout cas j'approuve ce que dit virgule aussi pour ce qu'il a dit dans l'ensemble. Moi aussi je tends essentiellement vers des positions radicalisantes mais l'âge se fait sentir (je suis en train de devenir sage :/) et je réussis à jouir aussi quand je lis sur l'Espresso (les présents se souviennent du débat sur les médias?) un bel article sur Jeffrey Masson...

(...)

Skrondo